COUP DE FROID ENTRE LE CUBA ET LES E TATS-UNIS

COUP DE FROID ENTRE LE CUBA ET LES E TATS-UNIS LA HAVANE, 15 Jui (Lci)  Le président cubain Raul Castro s’en est pris à Donald Trump, ce vendredi, estimant que les nombreuses déclarations de son homologue américain à l’encontre de l’île signifiaient un « recul » dans le rapprochement des deux pays.

Raul Castro hausse le ton. Après être resté silencieux de nombreux mois face aux sorties de Donald Trump et sa volonté de remettre en cause certaines facettes du rapprochement entre Cuba et les Etats-Unis, le président communiste a donné son point de vu sur son homologue.

« Les annonces faites […] signifient un recul dans les relations bilatérales « , a-t-il prévenu vendredi à la télévision officielle. « Cuba peut s’enorgueillir des succès rencontrés et nous n’avons pas de leçons à recevoir des Etats-Unis ni de personne ».

En juin, Donald Trump avait profité d’une prise de parole devant un auditoire d’exilés anti-castristes en Floride pour durcir le ton à l’encontre de son voisin. Depuis sa prise de fonction et même lors de la campagne présidentielle, celui-ci s’attache à remettre en cause certains points du rapprochement Washington-La Havane. Il a notamment dénoncé un régime brutal sur l’île et annoncé vouloir revenir sur l’assouplissement de l’embargo initié en 2015 par Barack Obama après 60 ans de gel des relations entre les deux pays.

Le président américain souhaite ainsi limiter les transactions avec les entités contrôlées par l’armée cubaine – omniprésentes dans le secteur du tourisme – et une application plus stricte des restrictions sur les voyages des ressortissants américains vers l’île (en forte hausse depuis 2015). Il avait, lors de son discours en juin, prononcé un impitoyable réquisitoires contre les assouplissements de l’administration Obama « n’aident pas les Cubains, elles ne font qu’enrichir le régime. Nous ne voulons pas que les dollars soutiennent une armée qui exploite les citoyens ».

« Maintenant que je suis président, l’Amérique va dénoncer les crimes du régime Castro », avait-il poursuivi. « Nous savons ce qu’il se passe et nous nous souvenons de ce qu’il s’est passé ». Le président américain s’en était déjà pris au régime communiste en mai dernier, déclarant que « le peuple cubain mérite un gouvernement qui fait respecter les valeurs démocratiques, les libertés économiques, religieuses et les droits de l’homme ».

En octobre 2016 déjà, lors de la campagne présidentielle, celui qui était alors candidat républicain s’était fendu d’un tweet annonçant vouloir défaire les mesures prises par Obama et les concessions accordées à Cuba « jusqu’à ce que les libertés soient restaurées ». Un mois plus tard, il promettait de mettre un terme aux accords si le régime castriste ne traitait pas mieux sa population.

Face à ces attaques répétées, Raul Castro a souligné ce vendredi que « toute stratégie qui prétend à détruire la Révolution, que ce soit par la coercition, les pressions ou d’autres méthodes plus subtiles ne fera qu’échouer ». Le leader cubain a néanmoins tenu à préciser qu’il était prêt à continuer un « dialogue respectueux » avec les Etats-Unis, « sur la base de l’égalité » et de la reconnaissance « de la souveraineté et de l’indépendance de notre pays ».
Tanguy Hamon