Une nouvelle galerie d’art pour l’Alliance Française de La Havane

LA HAVANE, 3 mars L’Alliance Française de Cuba dispose de quatre implantations sur l’île, trois à La Havane – Prado, Sartre et Finlay et une autre à Santiago de Cuba.

Le site de Prado, idéalement situé dans le quartier historique de la capitale, est un palais construit en 1915  qui fut la résidence de José Miguel Gómez, deuxième président de la République de Cuba.

Mis gracieusement à la disposition de l’Alliance Française en 2015 par le gouvernement cubain pour une période de 25 ans, le palais Gomez abrite  aujourd’hui,  autour d’un vaste patio rectangulaire, sur 1 600 m2 et trois niveaux, une douzaine de salles de classe, deux espaces de conférence et une galerie d’art.

L’aménagement de l’ancienne chapelle et des espaces avoisinants récemment réalisé permet de doté le site du Prado d’un deuxième espace d’exposition qui pourra être  utilisé soit comme une extension de la galerie du rez-de-chaussée, soit comme un espace indépendant.

Le jeune artiste cubain Alfredo Mendoza l’a inauguré le 19 février dernier avec une exposition originale intitulée Presente y Pasado (Présent et Passé). La  soirée présidée par M. Patrice Paoli,  Ambassadeur de France à Cuba, en présence du directeur général de l’Alliance Française et du COCAC, a réuni un public de 120 personnes autour d’un mojito offert par la marque Havana Club.

Diplômé de l’Académie des Arts plastiques, Carlos Enríquez de Manzanillo de Cuba, l’artiste — malgré son jeune âge, il est âgé de 31 ans —  a déjà participé à une dizaine d’expositions collectives à Cuba, en Espagne et aux Etats-Unis.

Pour sa troisième exposition personnelle, Alfredo Mendoza donne à voir une vingtaine d’œuvres sensibles de belle facture qui s’inscrivent dans la tradition picturale du début du XXe siècle et à la fois s’en détachent; ses visages d’hommes et de femmes peints depuis différentes perspectives  ont une force expressive tout à fait singulière. S’y mêlent tour à tour séduction, domination, embarras et sérénité.

Une ambivalence que le critique d’art, directeur de la Maison Victor Hugo de la Havane, Deivy Colina, curateur de l’exposition exprime ainsi : « Les personnages d’Alfredo Mendoza sont les protagonistes du silence et de l’ambiguïté ; ils paraissent  hors du temps, du  moment, de tout contexte.

Chaque geste pictural nous renvoie à de nouveaux jeux émotionnels qui nous conquièrent et nous attirent comme l’envie soudaine d’une étreinte, ou qui au contraire nous rejettent hors du cadre comme une caresse avortée ou  lorsque l’indifférence d’un visage exprime une infinie distance. »

Marc Sagaert, directeur général de l’Alliance Française de Cuba