LA HAVANE, 31 Jan. L’État cubain critique la décision du Canada de réduire de 16 à 8 son personnel d’ambassade à La Havane après la découverte qu’un 14e Canadien, en un plus d’un an et demi, semble avoir été affecté par un mal mystérieux.

En novembre dernier, un 13e Canadien avait signalé souffrir de nausées, de vertiges, de maux de tête et de troubles de la concentration. Cela avait déclenché une nouvelle série d’examens de santé au sein du personnel diplomatique et de leurs familles et c’est là qu’on a détecté le 14e cas.

Ces récents cas, selon le Canada, montrent que des incidents ont toujours cours et le gouvernement canadien a évalué ces éléments de preuve dans sa décision de réduire progressivement l’empreinte diplomatique du pays à Cuba, qui accueille en moyenne un million de touristes canadiens par année.

« Rien ne démontre un danger pour les voyageurs canadiens à Cuba », précise cependant Affaires mondiales Canada, ajoutant que les touristes devraient continuer à consulter les avis du gouvernement sur le web.

Josefina Vidal, ambassadrice de Cuba au Canada, a déclaré que le personnel réduit de l’ambassade à La Havane n’aidera en rien à trouver la cause des malaises qui ont touché les diplomates canadiens et américains.

Rappelons que ces incidents ont aggravé les relations entre Cuba et les États-Unis, le gouvernement cubain ayant déclaré que Donald Trump profitait de la situation pour annuler de nouvelles mesures instaurées par le gouvernement Obama afin de renouer le dialogue avec l’île.

Les États-Unis avaient retiré la majorité de leur personnel diplomatique non essentiel en septembre 2017, mais pas le Canada.

Le scénario d’une possible « attaque acoustique » a été évoqué à maintes reprises. Des employés de l’ambassade des États-Unis à La Havane ont affirmé avoir éprouvé des malaises après avoir entendu des sons dont ils ignoraient la provenance.

Les spéculations ont porté aussi sur des attaques aux micro-ondes, des contaminants inconnus et même des grillons. Les responsables ont pratiquement exclu les facteurs environnementaux comme les toxines dans l’air, le sol ou l’eau, et ils ne soupçonnent plus une attaque sonique.

Le département d’État américain indiquait, l’an dernier, qu’il avait évacué plusieurs de ses employés en Chine qui présentaient de mystérieux symptômes comparables. Ces employés, dont on ignore le nombre exact, avaient été rapatriés afin de subir des examens médicaux plus approfondis.

Une équipe médicale américaine avait été envoyée à Guangzhou, au mois de mai dernier, après qu’un premier employé américain eut été victime d’un traumatisme cérébral après avoir ressenti des bruits « anormaux ».

Ce cas a ravivé les craintes qu’un rival des États-Unis ait développé un type d’appareil acoustique ou à micro-ondes inconnu.

La Gendarmerie royale du Canada dit mener une enquête sur la ou les causes de ce mal à Cuba.

(http://www.rcinet.ca)