Llega a Sudáfrica brigada médica cubana que ayudará a enfrentar la Covid-19

LA HAVANE, 30 Abril (RFI) Après le Togo et l’Angola, l’Afrique du Sud est le troisième pays africain à recevoir l’aide de docteurs cubains pour combattre le Covid-19. Actuellement, 217 médecins sont en quarantaine à Pretoria, avant d’être dispatchés dans le pays. Ce déploiement rappelle les grandes heures de la diplomatie médicale de La Havane, et il fait débat en Afrique du Sud.

Ce personnel médical vient s’ajouter au contingent de soignants cubains envoyés tous les ans dans le cadre de la coopération entre les deux pays. Ce qui n’a pas empêché le principal syndicat de médecins, le SAMA, de s’emparer du sujet. Selon le SAMA, le gouvernement aurait dû appliquer une préférence nationale vis-à-vis des praticiens hospitaliers sud-africains. Il y a beaucoup de docteurs du secteur privé, de docteurs au chômage ou non déployés que l’on pourrait utiliser, assure le syndicat.

Non, répond le ministère de la Santé, pour qui la brigade cubaine, comme on la surnomme en Afrique du Sud, comprend des spécialistes renommés. Et notamment des épidémiologistes ou encore des biostatisticiens, vraies valeurs ajoutées pour lutter face à la pandémie.

Un coût qui fait grincer des dents

L’autre point d’interrogation, soulevé dans la presse hier, c’est le coût de cette opération, officiellement présentée comme humanitaire. Elle s’élèverait à 22 millions d’euros, selon un document reçu par le Trésor sud-africain. 22 millions, dont 15 seraient destinés aux salaires des médecins.

L’ambassade de Cuba à Pretoria s’est empressé de démentir. Non, c’est bien La Havane qui paye ses docteurs. Le ministère de la Santé sud-africain est lui resté silencieux sur ce chiffre, peut–être embarrassé. Chiffre qui fait d’autant plus grincer des dents que les médecins de la région de Johannesburg ont appris, ce mercredi, que leurs salaires seraient payés en retard ce mois-ci.

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a d’ailleurs publiquement critiqué l’Afrique du Sud pour avoir accepté l’aide des docteurs cubains. Il accuse La Havane de profiter de la crise du Covid-19 pour exercer son soft power.