Pernod Ricard et Iberostar poursuivis aux États-Unis pour leurs affaires à Cuba

LA HAVANE, 18 avril (AFP) Le géant des spiritueux français Pernod Ricard et la chaîne hôtelière espagnole Iberostar ont été poursuivis devant les tribunaux américains pour avoir opéré avec des produits nationalisés par la révolution cubaine, selon des copies des plaintes obtenues par l’AFP ce vendredi. .

Pernod Ricard, numéro deux mondial des spiritueux, est présent dans le pays depuis plus de 20 ans, où il exploite une joint-venture avec Cuba Ron S.A., destinée à la production du Havana Club, le plus célèbre des rhums cubains.

Le procès contre la société française a été intenté par la fille du fondateur de Coñac Cueto, une société confisquée en 1963 par le gouvernement cubain et intégrée à la gamme de boissons Havana Club, selon le plaignant.

Contacté par l’AFP, Pernod Ricard a déclaré avoir pris “des mesures appropriées pour traiter et rejeter cette demande non fondée”.

Iberostar, qui exploite une vingtaine d’hôtels à Cuba, est poursuivi par un descendant du propriétaire d’un immeuble à Santiago de Cuba (sud-est), confisqué en 1961 par le gouvernement, selon la plainte. Un hôtel du groupe espagnol occupe désormais cette propriété.

Déjà traitée en vertu de cette loi, Iberostar a annoncé publiquement que les poursuites ne préjugent en rien de ses plans d’ouvrir de nouveaux établissements sur l’île.

Des informations sur les deux poursuites ont été signalées à l’AFP par le Conseil économique et commercial américano-cubain, qui a identifié un total de 23 plaintes déposées au cours des derniers mois, en vertu du titre III de la loi américaine Helms-Burton, promulguée en 1996.

Plusieurs grands groupes, dont Accor, Amazon, Carnival et American Airlines, ont déjà été poursuivis, mais certains de ces procès ont été rejetés par les tribunaux américains, en particulier parce que certains des plaignants n’ont pas pu prouver que leur famille possédait l’objet de la plainte lors de la révolution cubaine.

Le titre III de la loi Helms-Burton, dont l’application avait été suspendue par les présidents américains successifs, est entré en vigueur en mai sous l’administration de Donald Trump, qui a durci l’embargo contre l’île, en vigueur depuis 1962.

Cette règle permet à toute personne ou entreprise faisant des affaires avec des actifs nationalisés d’être poursuivie devant les tribunaux américains pendant la révolution de 1959, une définition trompeuse qui menace les partenaires étrangers de l’île.

Le gouvernement cubain considère que la loi Helms-Burton est inapplicable en raison de sa nature extraterritoriale, une opinion partagée par l’Union européenne, qui prétend disposer d’un arsenal juridique pour contrer cette législation.