Malgré l'embargo, "nous résistons, sans renoncer" aux réformes

LA HAVANE, 19. Dec. (AFP) Face au durcissement de l’embargo américain sur Cuba, le gouvernement socialiste assure “résister” mais,“sans renoncer” aux réformes économiques en cours dans l’île, explique dans un entretien à l’AFP le ministre de l’Economie Alejandro Gil.

“2019 a été une année difficile, avec plein de tensions. Non pas (une année) atypique, car cela fait soixante ans que nous vivons avec cet embargo, mais cette année marque un durcissement et nous a obligés à surmonter” cette situation, déclare Alejandro Gil.

L’embargo économique et financier américain pèse sur Cuba depuis 1959 mais depuis son arrivée à la Maison Blanche en janvier 2017, Donald Trump a intensifié les sanctions contre l’île avec des mesures qui affectent le tourisme, les investissements, les envois de fonds et les importations de carburant.

“Non seulement nous résistons, mais nous ne renonçons pas au développement. Nous réunissons les conditions pour poursuivre l’actualisation (les réformes) de notre modèle économique”, poursuit cet économiste de 55 ans nommé en 2019.

“Le renforcement du blocage peut avoir une impact sur le rythme de certaines choses, qui se font plus calmement. Si les Etats-Unis entendent, avec leur politique d’agression, que nous accélérions les changements, ils obtiendront l’effet inverse”, prévient-il.

“Je peux vous garantir qu’il n’y a aucune position conservatrice au sein du secteur historique de la révolution nous empêchant d’avancer”, explique le ministre, en référence aux dirigeants les plus âgés, donc l’ex-président Raul Castro, 88 ans, qui dirige toujours le Parti communiste cubain (PCC), seule formation politique autorisée sur l’île.

C’est l’actualisation du modèle économique cubain initiée en 2008 par le président de l’époque, Raul Castro, qui a permis à des particuliers de lancer leur activité privée: ils représentent désormais 13% de la force de travail.

Le gouvernement reconnaît avoir avancé sur 20% de ces réformes.

“Le général Raul Castro a dit que nous devions avancer lentement mais sûrement. Nous ne faisons pas une course. Nous sommes un pays socialiste et son principe premier est de ne pas affecter la population” de 11 millions d’habitants, dit-il.

“Il existe des mesures très simples à mettre en place mais qui excluraient 40% de la population et cela, nous n’allons pas le faire, tout comme nous n’allons pas appliquer une mesure néolibérale”.

Malgré le panorama adverse, la “Cepalc” (commission économique de l’ONU pour la région) estime que la croissance sera de 0,5% et nos prévisions tournent autour de ça”. Pour 2020, il espère atteindre une croissance d'”environ 1% du PIB”.