L'opposition cubaine promet des actions pendant 11 jours

LA HAVANE, 16 nov. (AFP) Le groupe cubain d’opposition Archipiélago a affirmé mardi que «la militarisation extrême des rues» et l’immobilisation de plus de cent activistes ont empêché la manifestation prévue lundi, et a annoncé de nouvelles actions jusqu’au 27.

Le gouvernement communiste a répondu à l’appel à manifester par une «militarisation extrême des rues, plus de cent activistes bloqués chez eux, des arrestations arbitraires, des disparitions forcées, des actes de répudiation, de la violence, des menaces, de la contrainte et des discours de haine», a dénoncé le groupe dans une déclaration envoyée à l’AFP.

Le groupe, créé sur Facebook après les manifestations historiques du 11 juillet, compte 37 000 membres à Cuba et à l’étranger.

Il appelait lundi à manifester pour les libérations des prisonniers politiques, mais la présence policière et l’arrestation de meneurs de la dissidence ont empêché toute mobilisation.

Les autorités avaient interdit le rassemblement, estimant qu’il s’agissait d’une tentative de changement de régime avec le soutien de Washington, et menacé les organisateurs de sanctions pénales.

«La répression accrue contre les citoyens et les manifestants pacifiques n’est pas et ne sera pas acceptée», assure la déclaration de mardi, qui appelle à de nouvelles actions jusqu’au 27 novembre, date anniversaire de la manifestation d’environ 300 artistes pour la liberté d’expression en 2020.

Archipiélago incite notamment à s’habiller en blanc, porter des roses blanches, réaliser des vidéos individuelles et participer à un concert de casseroles chaque soir pour protester contre le gouvernement.

Lundi, plusieurs dirigeants de la dissidence ont été arrêtés dont Manuel Cuesta Morua, vice-président du Conseil pour la transition démocratique. Il a annoncé mardi à l’AFP avoir été relâché: «Ils m’ont libéré vers une heure du matin», a-t-il déclaré, racontant avoir été arrêtés alors qu’il sortait pour manifester.

La dirigeante du mouvement des Dames en blanc, Berta Soler, et son époux, l’ex-prisonnier politique Angel Moya, aussi arrêtés, ont été libérés peu après minuit, a indiqué à l’AFP la dissidente Martha Beatriz Roque.

L’historienne de l’art et activiste Carolina Barrero, empêchée de sortir de chez elle depuis 200 jours, a également été arrêtée, a annoncé le mouvement dissident 27N, dont elle est membre.

Une autre figure de l’opposition, Guillermo Fariñas, est en détention depuis vendredi.

Le créateur d’Archipiélago, le dramaturge Yunior Garcia, 39 ans, bloqué chez lui dimanche et lundi, restait injoignable mardi.