Les nouvelles PME cubaines privées pourront recevoir des crédits en devises

LA HAVANE, 1 Oct. (AFP)  Les PME privées et publiques récemment autorisées à Cuba pourront bénéficier de crédits en devises étrangères à partir de lundi prochain,

selon une résolution de la Banque centrale publiée mercredi soir au Journal officiel.

Selon cette résolution, «les institutions financières peuvent accorder des crédits en devises étrangères aux coopératives non agricoles et aux micros, petites et moyennes entreprises».

Après des années d’attente qui faisaient perdre espoir à certains, le gouvernement communiste a approuvé l’existence des petites et moyennes entreprises, qui peuvent être publiques comme privées, et relancé les coopératives non agricoles, en pause depuis quatre ans. Le ministère de l’Économie a annoncé mercredi avoir approuvé les 32 premières PME privées, ainsi que trois publiques.

Le taux du dollar sur le marché noir s’est envolé

Jusqu’à présent, seuls des crédits en pesos cubains étaient disponibles, alors que l’économie cubaine a été partiellement dollarisée en 2019.

Les patrons de ces entreprises doivent ainsi importer en devises les fournitures dont ils ont besoin ou les acheter dans les quelques magasins de gros ouverts sur l’île, où l’on ne peut payer qu’avec une carte en MLC (monnaie librement convertible, alignée sur le taux du dollar). Sur Twitter, Oniel Diaz, directeur de la société cubaine de consultants Auge, a salué la mesure comme «une nouvelle intéressante».

Depuis que le gouvernement communiste a ouvert il y a deux ans un réseau de magasins où l’on ne peut payer qu’en devises, le taux du dollar sur le marché noir s’est envolé: il est désormais autour de 65 pesos pour un dollar, loin du taux officiel de 24. Les Cubains n’ont pas d’autre choix que de l’acheter au marché noir, car le dollar n’est disponible ni en banque ni en bureau de change.

À Cuba, les entreprises privées avaient disparu en 1968, quand Fidel Castro a commencé à appliquer le modèle étatique soviétique et les a nationalisées dans le cadre de son «offensive révolutionnaire».

Aujourd’hui, si l’économie cubaine reste étatique à 85%, il existe plus de 600.000 travailleurs indépendants privés, principalement dans les services (restaurants, taxis, réparations…): ce sont eux qui devraient donner l’impulsion aux nouvelles entreprises privées.