Les « attaques acoustiques » à Cuba ont causé des lésions cérébrales aux victimes

LA HAVANE, 23 Juillet Même si leur cause demeure un mystère, les attaques dites acoustiques contre les ambassades…

canadienne et américaine à Cuba en 2016 ont causé des lésions dans le cerveau de leurs occupants, conclut une étude.

Des chercheurs américains ont comparé le cerveau de 40 patients victimes de ces attaques – 23 hommes et 17 femmes – à celui de 48 autres adultes. Ils ont découvert des variations dans la structure et la connectivité entre les différentes régions du cerveau.

Les différences étaient présentes dans tout le cerveau, mais surtout dans le cervelet, a confié l’auteure de l’étude, Ragini Verma, à CNN.

Cette région du cerveau correspond d’ailleurs aux symptômes éprouvés par les diplomates et leurs familles basés à La Havane. Ils ont notamment décrit des maux de tête, une perte de l’ouïe, des problèmes d’équilibre et des vertiges.

Selon l’étude, d’autres différences ont été remarquées dans le cortex auditif et visuospatial.

Les images obtenues par résonance magnétique ne permettent toutefois pas de les associer à un trouble spécifique. Malgré les symptômes des victimes, les dommages ne correspondent pas sur les images à une commotion cérébrale, donne en exemple Ragini Verma.

Ce n’est pas imaginaire. Cela s’est bien produit dans leur cerveau. Tout ce que je peux dire, c’est que la vérité reste à trouver.

Ragini Verma, Université de Pennsylvanie

Par ailleurs, les chercheurs ne possédaient pas d’images cérébrales des patients avant les attaques afin de les comparer à leur cerveau d’aujourd’hui.

Le son peut-il endommager le cerveau?

Les victimes des mystérieuses « attaques » ont décrit des sons aigus très intenses provenant d’une direction spécifique.

Les bruits ont été comparés à des « bourdonnements », des « grincements métalliques » et des « cris perçants ». Certains affirment les avoir entendus quelques secondes, et d’autres, jusqu’à 30 minutes.

Il est peu probable que le son lui-même soit la cause des symptômes décrits par les victimes.

Ce n’est pas le son audible qui a posé problème, estime Douglas Smith, du Centre pour les lésions cérébrales de l’Université de Pennsylvanie. Le son audible était plutôt une conséquence de l’exposition.

Mystère non résolu

Les attaques ont été qualifiées d’« acoustiques », même si leur cause n’a pas été élucidée et que leurs éventuels auteurs sont toujours inconnus.

Une arme aux micro-ondes, dont les fréquences seraient en général hors de la portée de l’oreille humaine, est le scénario le plus probable jusqu’à présent, selon le gouvernement américain.

On ignore aussi si l’attaque était délibérée ou s’il s’agissait plutôt des effets secondaires d’un dispositif ayant un autre objectif.

La plupart des victimes ont toutefois éprouvé des symptômes plusieurs mois après avoir quitté Cuba. Les auteurs de l’étude ont comparé leurs problèmes de santé persistant aux symptômes d’un trouble de stress post-traumatique.

Ils insistent sur la nécessité de continuer à suivre les patients victimes des « attaques ».

Les diplomates canadiens, dont certains se sont confiés sous le couvert de l’anonymat à Radio-Canada, ont pour leur part déposé un recours collectif de 28 millions de dollars contre Ottawa, selon CNN.

(ici.radio-canada)