Le tourisme à Cuba souffre des sanctions américaines

LA HAVANE, 14 Aout (AFP) Le port de débarquement des paquebots à La Havane est tristement vide en ce mois d’août.

Pourtant, avant le mois de juin et la décision des États-Unis d’interdire aux bateaux de croisière, de pêche ou de plaisance américains d’accoster à Cuba, 2 000 à 4 000 touristes en descendaient chaque jour pour emprunter les rues de la vieille Havane jusqu’aux magasins de souvenirs.

“C’était un flux continu, confirme une commerçante. Aujourd’hui quand un client entre, il peut se passer deux heures avant qu’un autre client n’arrive.”

Les États-Unis interdisent également aux Américains de se rendre à Cuba en voyage de groupe. En ciblant le secteur touristique, l’administration Trump proteste contre le soutien du gouvernement cubain au président du Venezuela, Nicolas Maduro. Conséquence : La Havane a revu à la baisse de 15% ses prévisions sur le nombre de touristes à Cuba en 2019.

À la vieille Havane, plusieurs petites boutiques de souvenirs ont déjà dû se reconvertir. Sous< un soleil de plomb, devant le Capitole, un homme attend désespérément que des touristes montent dans sa Chevrolet de 1951 pour faire un tour de la ville.

Il y a quelques années, il avait misé sur le secteur touristique en découpant la vieille voiture de son père pour en faire une décapotable. “C’est un gros investissement, mais on pouvait l’amortir à l’époque où il y avait beaucoup de touristes”, explique-t-il. L’homme regrette les touristes américains, les plus généreux et les plus dépensiers, selon lui.

De nombreux Cubains regrettent également l’époque de l’ex-président américain Barack Obama, quand le rapprochement entre Cuba et les États-Unis avait été porteur de beaucoup d’espoirs pour le secteur privé. C’est à cette époque, en 2015, que cette Cubaine s’était lancée dans la rénovation d’un immeuble à La Havane pour en faire un hôtel.

Elle réfléchit aujourd’hui à diversifier son activité, en proposant au sein de l’établissement des activités de cuisine ou de cocktails. Sa clientèle se compose majoritairement d’Américains qui parviennent à se rendre dans la capitale cubaine par des moyens détournés.

Nous les entrepreneurs, nous nous organisons pour faire des campagnes et expliquer aux Américains qu’il existe d’autres possibilités pour voyager jusqu’à Cuba.

À Cuba, le tourisme est la deuxième activité économique du pays. Les revenus de ce secteur sont estimés à 2,5 milliards de dollars par an.