Le bitcoin peut désormais être utilisé légalement pour les paiements à Cuba

LA HAVANE, 16 sept. La résolution 215/2021 de la Banque centrale de Cuba (BCC), qui reconnaît les paiements en bitcoin (BTC) et autres crypto-monnaies sur l’île,

est entrée en vigueur mercredi 15 septembre après sa publication au Journal officiel le 26 août. La mise en œuvre de ce nouveau cadre réglementaire établit également l’octroi de licences aux fournisseurs de services de biens numériques opérant sur l’ensemble du territoire national.

Comme le détaille la BCC, l’objectif de cette nouvelle réglementation est de permettre l’utilisation de “certains actifs virtuels dans les transactions commerciales“. Elle précise également qu’elle est la seule entité qui autorise les institutions financières et les autres personnes morales à utiliser des crypto-monnaies.

Les organes de l’administration centrale de l’État, les organisations politiques et sociales et les autres institutions ne peuvent utiliser les actifs numériques sans l’autorisation de l’institution financière centrale.

Selon la réglementation, le pays se conformera aux normes internationales en matière de prévention et de détection du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme établies par le Groupe d’action financière (GAFI).

Les crypto-monnaies présentent des risques : la principale préoccupation de Cuba

La résolution de la BCC met en garde ceux qui décident d’utiliser des crypto-monnaies qu’elles représentent “des risques pour la politique monétaire et la stabilité financière, en raison de leur grande volatilité“. Elle met également en garde contre les actifs “sans l’aval des autorités monétaires” et “l’anonymat excessif des utilisateurs enregistrés“.

Ces préoccupations semblent être les principaux facteurs à l’origine de la réglementation. En fait, les médias cubains ont mentionné un avertissement lancé en mai dernier par le président cubain Miguel Díaz Canel. À cette occasion, il a fait référence à des opérations avec des crypto-monnaies qui cherchent à maximiser les profits dans le cadre de schémas qui pourraient être frauduleux.

Le pays a évalué la commodité de l’utilisation des crypto-monnaies afin de prendre les décisions pertinentes. Maintenant, ce que nous faisons, c’est empêcher notre population d’être escroquée par un ensemble d’événements qui se produisent dans le monde entier“, a déclaré M. Díaz Canel, comme le rapporte la publication.

La BCC a communiqué en août sa décision de réglementer l’utilisation de “certains actifs virtuels dans les transactions commerciales” dans tout le pays. Cependant, la résolution laisse plusieurs aspects flous, comme les crypto-monnaies qui peuvent être utilisées et celles qui ne le peuvent pas, ainsi que la cotation qui doit être prise en compte pour les opérations.

Le bitcoin peut soulager les envois de fonds des Cubains

Le Parti communiste de Cuba (PPC) avait fait part en avril de sa décision d’inclure le bitcoin dans les nouvelles orientations économiques pour la période 2021 – 2026. À cette occasion, un représentant de l’État a indiqué que la nation caribéenne allait étudier l’utilisation des crypto-monnaies “dans les conditions actuelles de l’économie“.

Jusqu’à présent, il n’y a aucune certitude que cette étude ait été réalisée ou non, mais une récente publication de l’économiste américain Steve Hanke montre que Cuba fait partie des nations qui peuvent profiter du bitcoin. Cela s’explique par le fait que le pays des Caraïbes a le paiement de la commission moyenne la plus élevée pour l’envoi de fonds, qui est de l’ordre de 10,53 %.

À Cuba, les envois de fonds constituent la principale source de revenus de la population. Ils sont le résultat des efforts de dizaines de milliers d’exilés qui envoient de l’argent à leurs proches sur l’île pour les aider à couvrir les besoins de base. Dans tous les cas, le bitcoin offre un moyen rapide et peu coûteux d’envoyer des transferts transfrontaliers sans avoir à recourir aux services traditionnels à coût élevé. (www.mon-livret.fr)