arme acoustique

LA HAVANE, 7 Jan. Les États-Unis ont soupçonné pendant des mois qu’une arme acoustique soient dirigée contre le personnel de leur ambassade à La Havane. Mais en étudiant un enregistrement, deux chercheurs américains ont établi que le son qui hantait les employés était émis par des grillons.

Depuis novembre 2016, le personnel de l’ambassade américaine à Cuba était victime d’étranges attaques soniques. Une situation qui inquiétait au plus haut niveau, puisque la Maison Blanche soupçonnait que des armes envoyant des micro-ondes ou d’autres types d’ondes sonores soient dirigées contre le bâtiment. La fermeture de l’ambassade américaine à La Havane, après ces attaques, était même envisagée. Elle avait rouvert ses portes en 2015, sous la présidence de Barack Obama, après plus de cinquante années de gel des relations diplomatiques entre les deux pays.

Et pourtant, ces attaques ne semblent pas vraiment être inquiétantes : d’après le New York Times, deux scientifiques ont assuré vendredi 4 janvier que ces sons n’étaient en réalité pas un mystère géopolitique, mais étaient émis par… des grillons.

De nombreux employés de l’ambassade américaine à La Havane se sont plaints depuis de longs mois de différents symptômes, notamment de maux de tête, de nausées et de pertes auditives. Une vingtaine d’entre eux avaient même été diagnostiqués comme présentant des commotions cérébrales. Un enregistrement des fameuses nuisances sonores – un bourdonnement – avait attiré l’attention des médias du monde entier.

Mais Alexander Stubbs, de l’université de Californie, et Fernando Montealegre-Zn, de l’université de Lincoln, au Royaume-Uni, se sont penchés sur cet enregistrement et ont établi que le son correspondait au bruit émis par des crickets. Ils ont même pu identifier l’espèce avec précision, en s’appuyant sur la base de données de l’université de Floride, disponible en ligne : le « Indies short-tailed cricket », connu en français sous le nom de grillon à queue courte de De Geer, qui est originaire d’Amérique centrale et du Sud.

Toutefois, les deux chercheurs assurent que leur conclusion n’excluent pas l’éventualité qu’il y ait eu une attaque contre les diplomates américains. Mais ils assurent que le son incriminé n’est pas la source des maux dont ils souffrent. « Il est tout à fait possible qu’ils soient tombés malades à cause de quelque chose totalement différent d’une attaque sonique, où qu’ils aient été pris pour cible avec un autre moyen », explique Alexander Stubbs.
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