LA HAVANE, 3 Feb.  Si la visite du Bosque de la Habana vous a donné un petit goût de revenez-y, il faut alors poursuivre votre exploration des rives de la rivière Almendares et continuer votre chemin jusqu’aux Jardines de la Tropical.

En face, de l’autre côté du fleuve Almendares, on aperçoit le Bosque de la Habana.PHOTO COURTOISIE, JACQUES LANCTÔT

La Tropical fut une des plus fameuses et importantes brasseries de la capitale. On y fabriquait aussi des boissons non alcoolisées à base de malt. Ce parc est une preuve de plus que La Havane, à une certaine époque, était le centre de la modernité en Amérique latine et que les hommes d’affaires étaient capables de faire preuve de culture et de bon goût.

En 1912, les nouveaux propriétaires de la brasserie, issus d’une lignée d’Espagnols arrivés à Cuba une cinquantaine d’années plus tôt, décident d’aménager un immense parc sur le site de la brasserie, sur les rives de la rivière Almendares. Cet espace ne pouvait qu’améliorer l’image de marque de la bière La Tropical. C’est un peu comme si la famille Molson, au lieu d’investir dans le club de hockey Canadien, avait acheté une partie de l’île Sainte-Hélène pour y aménager un parc dédié à l’art et au divertissement.

Deux architectes catalans furent contractés. S’inspirant des dessins du célèbre architecte Antoni Gaudi, qui avait aménagé le parc Güell, à Barcelone, ils mirent à profit la nature escarpée et vallonnée pour construire, à côté des installations brassicoles, le plus beau parc du moment.

Le clou de la visite, ce drôle de château sorti de nulle part, avec ses tourelles de défense. PHOTO COURTOISIE, JACQUES LANCTÔT

En plus des grottes naturelles, on y trouvait des labyrinthes, des escaliers creusés à même la pierre, des cascades, des viaducs, des pavillons, des salles de danse, et même une petite chapelle creusée dans le roc qu’on peut encore apercevoir, sans son mobilier religieux. Aujourd’hui, l’endroit est suffisamment insolite pour que des photographes étrangers organisent des séances de photos avec leurs mannequins.

Mais le clou de votre visite sera sans contredit le petit château de style néogothique (néomudejar) qu’on a construit sur une terrasse naturelle et qui rappelle, dit-on, certaines constructions du Patio des lions à Grenade, en Espagne.

Au moment de mon passage, on pouvait le visiter gratuitement, sans guide ni instructions cependant, mais la gardienne des lieux m’a assuré que d’ici peu, on commencerait la restauration du château afin que tout soit prêt pour les célébrations du 500e anniversaire de la fondation de La Havane, en novembre prochain.

Cela ne devrait pas être une tâche difficile, car les boiseries, les planchers et escaliers en granit, les splendides céramiques murales et le toit m’ont semblé en excellent état.

Il est préférable de vous y rendre en négociant le prix de votre taxi.
(www.journaldequebec.com)