Biden prêt à "aider le peuple de Cuba"

LA HAVANE, 9 Nov. (AFP) Plusieurs centaines d’entrepreneurs cubains demandent, dans une lettre adressée au président américain Joe Biden et publiée lundi, la levée des sanctions économiques contre l’île de gouvernement communiste, qui « nuisent considérablement » à leurs activités et leurs familles.

« À travers nos entreprises, nous nous efforçons de construire un avenir économique solide pour nos familles afin que les entrepreneurs cubains ne sentent pas le besoin d’émigrer pour avoir un travail gratifiant et une prospérité économique », expliquent dans ce courrier 247 chefs d’entreprises privées et de coopératives.

« Cependant, la politique américaine actuelle à l’égard de Cuba affecte grandement nos activités commerciales quotidiennes et entrave notre capacité à prospérer », ajoutent-t-ils, regrettant que le président Biden ait, malgré ses promesses de campagne, maintenu en place les 243 sanctions imposées par son prédécesseur Donald Trump, qui ont renforcé l’embargo en vigueur depuis 1962.

Pendant sa campagne, Joe Biden avait souligné la nécessité d’une « nouvelle politique envers Cuba » et évoqué l’idée de lever les restrictions sur les voyages de touristes américains vers l’île, et sur les transferts de fonds entre particuliers. Mais il n’a pour le moment modifié aucune mesure.

« Nous vous appelons à prendre les mesures immédiates suivantes : rétablir les transferts de fonds entre particuliers, ouvrir la possibilité de voyager à ceux soumis aux lois américaines, rouvrir l’ambassade à La Havane et retirer Cuba de la liste des pays qui soutiennent le terrorisme », selon la lettre adressée à Biden lundi.

Le secteur privé cubain avait connu un boom au moment du rapprochement, historique mais éphémère, avec les États-Unis entre 2014 et 2016, sous le mandat de Barack Obama.

« Nous rêvons de revenir à cette époque, quand l’engagement était la politique officielle américaine, ce qui avait produit un boom économique qui nous avait tous bénéficié », écrivent les entrepreneurs dans leur lettre.

Si l’économie cubaine reste étatique à 85%, il existe plus de 600.000 travailleurs privés, principalement dans les services (restaurants, taxis, réparations, etc.), et qui ont depuis peu la possibilité de créer des petites et moyennes entreprises.

Mais la pandémie de coronavirus, en plongeant Cuba dans sa pire crise économique depuis 1993, a forcé plus de 250.000 travailleurs privés à suspendre leur activité.