Cuba rejette l'«ingérence» d'une résolution du Parlement européen

LA HAVANE, 10 Juine (AFP) Cuba a rejeté jeudi 10 juin la «fausseté et l’ingérence» d’une résolution approuvée par le Parlement européen qui condamne

«l’existence de prisonniers politiques» et critique l’accord de dialogue entre l’île et l’Union européenne. «Nous réitérons notre rejet énergique de ce chiffon de papier promu par les représentants les plus extrémistes des partis politiques espagnols Parti populaire et Vox, qui n’ont aucune autorité morale pour juger Cuba», affirme la Commission des relations internationales de l’Assemblée nationale, dans une déclaration publiée sur son site.

«Une fois de plus, le Parlement européen joue le triste rôle d’otage d’un petit groupe d’eurodéputés de l’extrême-droite obsédés par l’idée de détruire la Révolution cubaine et avec des liens prouvés avec des organisations basées à Miami et financées par le gouvernement américain», ajoute-t-elle.

Cette initiative «enlève de la crédibilité à cette institution et reflète la double morale envers la nation cubaine», mais «une résolution comme celle-là, avec ses doubles standards, ne nous empêche pas de dormir la nuit».

«Persécution politique permanente»

Dans le document, approuvé jeudi à 386 votes pour (236 contre et 59 abstentions), les eurodéputés condamnent «l’existence de prisonniers politiques, la persécution politique persistante et permanente, les actions de harcèlement et les détentions arbitraires de dissidents» à Cuba.

La résolution appelle aussi les autorités cubaines à «libérer immédiatement» les personnes liées au collectif contestataire Mouvement San Isidro (MSI), arrêtées le 30 avril.

Elle regrette également que, «malgré l’entrée en vigueur de l’Accord de dialogue politique et de coopération il y a près de quatre ans, la situation en matière droits de l’homme et de démocratie ne se soit pas améliorée» sur l’île. La dissidence cubaine a applaudi l’initiative.

«Nous célébrons et remercions la résolution historique et solidaire que vient d’approuver le Parlement européen. Le peuple cubain vous en est très reconnaissant», a réagi sur Twitter l’un des principaux opposants, José Daniel Ferrer, dirigeant de l’Union patriotique de Cuba (Unpacu).

«Avec cette résolution, le Parlement européen se met prioritairement du côté du peuple cubain, en faisant une vraie distinction entre le gouvernement et les gens», a estimé un autre dissident, Manuel Cuesta Morua, promoteur d’une plateforme réclamant l’autorisation d’autres partis, Cuba en Plural, dans une réaction transmise à l’AFP.

Selon lui, «l’accord entre Cuba et l’Union européenne doit être maintenu mais il faut le revoir, surtout en ce qui concerne la volonté des deux parties de le respecter».