Cuba est en contact avec "plus de 30 pays" pour ses vaccins

 LA HAVANE, 2 juine (AFP) Cuba est en contact avec « plus de 30 pays » au sujet de ses cinq candidats-vaccins contre le coronavirus,

ont indiqué mercredi les autorités sanitaires de l’île, qui ont prévenu qu’elles ne signeraient « aucun contrat » qu’elles ne puissent respecter.

« Il y a un très grand déficit de vaccins dans le monde et tous les jours, nous recevons des demandes », a déclaré lors d’une conférence de presse Mayra Mauri, vice-présidente du groupe pharmaceutique d’État BioCubaFarma.

Actuellement, « nous avons des échanges très actifs avec plus de 30 pays », a-t-elle ajouté, précisant que Cuba suivrait « un principe fondamental : nous ne signerons aucun contrat qu’on ne puisse honorer ».

La semaine dernière, la ministre de la Santé argentine, Carla Vizzotti, a effectué une visite de travail à Cuba et les deux pays ont signé un accord ratifiant leur volonté de collaborer dans la production de vaccins cubains.

« Les conversations ont porté sur […] l’intérêt pour l’Argentine de pouvoir compter sur les vaccins cubains », selon Mme Mauri.

D’autres pays comme l’Iran, le Mexique et le Venezuela se sont montrés intéressés par ces candidats-vaccins qui, en cas de feu vert, seraient les premiers vaccins conçus et produits en Amérique latine.

Sur les cinq candidats, deux sont en phase finale d’essais et l’autorisation officielle est attendue pour juin.

Mais face au rebond de cas, l’île a commencé à vacciner les zones les plus touchées le 12 mai. Les autorités prévoient d’avoir vacciné 70 % de la population d’ici fin août.

Interrogées sur le manque de publications scientifiques indépendantes validant les premières phases des essais cliniques, les autorités sanitaires ont assuré être « prêtes à publier », mais ont dénoncé plusieurs rejets de leurs textes par des revues scientifiques.

« C’est dû à l’embargo (américain contre Cuba) ? C’est par discrimination ? », s’est interrogée la docteure Marta Ayala, directrice du Centre d’ingénierie génétique et biotechnologique (CIGB), qui développe l’un des candidats-vaccins en phase finale.

« Oui nous publions, nous ne sommes pas en train de cacher les résultats », a renchéri le docteur Vicente Vérez, directeur de l’institut de vaccination Finlay, qui travaille sur l’autre candidat-vaccin dans la dernière ligne droite.

« Il y a un mépris dans les revues (scientifiques) face aux publications venant de Cuba et d’Amérique latine, des pays considérés comme inférieurs en science », a-t-il affirmé.

Sous embargo américain depuis 1962, Cuba a commencé à développer ses propres vaccins dans les années 1980 et aujourd’hui près de 80 % des vaccins de son programme d’immunisation sont produits localement.