À Cuba, la fermeture au tourisme depuis plus d’un mois affecte durement l’économie du pays

LA HAVANE, 10 Mai (RFI) Sur le plan de l’épidémie, le coronavirus semble contrôlé à Cuba, il a fait 74 morts jusqu’à présent et le pic est passé, mais la principale victime est l’économie cubaine déjà en grandes difficultés. À l’arrêt, l’activité touristique est l’une des principales entrées de devises à Cuba, et à l’arrêt aussi les vieilles voitures américaines qui restent au garage en attendant le retour des touristes. Reportage.

Faire tourner les voitures à vide pour les entretenir ! Voilà la seule chose que peut faire Ernesto Reigosa depuis plus d’un mois. Ce chauffeur de vieilles voitures pour touristes possède deux Buick roses des années 1950.

« Nous ne pouvons tout simplement rien faire, garder les voitures, faire un peu d’entretien et attendre que ça passe, explique-t-il. Mais j’ai beaucoup d’espoir qu’une fois que ça sera passé le tourisme va doubler parce que les gens auront envie de revivre partout dans le monde, et ce sera bénéfique pour tous. »

Mais en attendant, pour lui comme pour les 617 000 travailleurs du secteur privé à Cuba, soit 15% de la population active, aucune aide n’est prévue par l’Etat. La perte d’activité ne sera pas compensée, seul le paiement de la licence a été suspendu. Mais vivre de ses économies, Ernesto ne pourra pas se le permettre encore longtemps, il a pensé à contre cœur vendre une de ses voitures.

« C’est l’une des premières choses à laquelle j’ai pensé, comme beaucoup de mes collègues. Mais c’est une crise mondiale donc celui qui pouvait acheter ne va pas le faire et préfère garder son argent, celui qui voulait investir préfère attendre ou celui qui voulait construire attend aussi. »

La paralysie de l’activité touristique due au coronavirus aggrave la situation des travailleurs à leur compte, qui sont aussi les principales victimes des dernières sanctions américaines.