Scènes de la vie quotidienne à La Havane

Scènes de la vie quotidienne à La HavaneLA HAVANE, 17 Feb. Vous pouvez être fatigué de la formule tout inclus dans un hôtel 4 étoiles ou d’arpenter le quartier de la Vieille Havane à la recherche de trésors perdus.

Et voilà qu’il vous prend une envie de vie de quartier, de tranquillité et de simplicité, loin du va-et-vient incessant des autocars de touristes et des taxis à la recherche de clients, bref, d’être plus près des « vraies affaires ». Rien de mieux qu’une journée de repos dans une casa particular.

Vers les 16 h, vous vous installez sur le portail de la maison, un livre à la main, et un verre de Cuba libre à vos côtés. Très bientôt, vous allez être rattrapé par un spectacle de rue qui ne vous est pas familier. Pour le dépaysement, pas besoin d’aller vous asseoir à une terrasse pour essayer de percer le fameux mystère de la jovialité des Havanais.

À nous la rue

L’école vient de fermer ses portes et déjà les plus vieux déambulent bruyamment dans la rue dans leurs uniformes dont les couleurs indiquent leur niveau scolaire. L’uniforme bleu signifie que vous êtes de niveau postsecondaire et le marron que vous êtes au secondaire. Pour les plus jeunes, ce sont le pantalon court ou jupe rouge, avec la chemise blanche.

Pour les élèves du préscolaire et du primaire, ce sont bien souvent les parents qui vont les chercher à l’école : la maman avec sa poussette ou le papa avec sa progéniture sur les épaules. On observe aussi dans le lot quelques grands-parents qui mettent la main à la pâte, car ici, on ne confine pas les aînés dans des mouroirs. Scènes de la vie quotidienne à La Havane

Tout est fait pour les intégrer aux tâches familiales. Ce sont des scènes de rue auxquelles nous ne sommes pas habitués, nous habitants du Nord qui vivons plutôt enfermés dans nos maisons, alors qu’ici, tout se passe fenêtres ouvertes et dans la rue que les enfants ont tôt fait d’occuper en improvisant des joutes de foot.

Les parents repartent ensuite à la recherche de ce qui va composer le menu du soir. Le marché du coin, el agro, qui offre fruits, légumes et haricots secs, est bientôt envahi. Puis on passera à ce qu’on appelle chez nous l’épicerie, mais qu’on désigne ici sous le vocable de mercado, pour y trouver d’autres produits comestibles ou sanitaires.

Il y a bien souvent au coin de la rue un étal de boucherie où il y a du porc frais et parfois fumé, et aussi une boulangerie.

Vous risquez d’être dérangé par des jappements de chiens ou des musiques, souvent fortes qui sortent de la chaumière d’en face ou qu’un cycliste diffuse à partir de sa bécane. C’est l’heure où les vendeurs ambulants offrent à la criée toutes sortes de produits qui vont du dulce (gâteau sucré) au balai ou à la serpillière, en passant par la crème glacée pour les enfants ou les tamales.

Bientôt, ce sera le temps du souper (cena), alors que la musique du téléjournal de 20 h se fera entendre.
( journaldemontreal )