Le « nouveau » Cuba de Raul Castro

Le "nouveau" Cuba de Raul CastroLA HAVANE, 25 Juillet (AFP)  Aujourd’hui, les Cubains peuvent voyager à l’étranger, créer leur propre entreprise et même voir flotter le drapeau des États-Unis dans les rues de La Havane.

Depuis qu’il a succédé à son frère Fidel il y a onze ans, Raul Castro a silencieusement réformé Cuba.

La plus grande île des Caraïbes n’est plus la même depuis que ce discret général de l’armée a succédé à son aîné, qui a quitté le pouvoir en 2006 à cause de graves problèmes de santé avant de décéder en novembre dernier.

Mercredi, le cadet des Castro préside pour la dernière fois à 86 ans la cérémonie du 26 juillet, « jour de la rébellion nationale » qui commémore l’acte de naissance de la révolution castriste. Il doit quitter la présidence en février 2018.

Dégel des relations avec les Etats-Unis

L’événement le plus marquant de l’ère Raul a eu lieu le 17 décembre 2014 lorsqu’il annonce à la télévision un rapprochement inattendu avec l’ancien ennemi de la guerre froide. Le 20 juin 2015, les deux pays renouent leurs relations diplomatiques et en mars 2016, le président cubain reçoit Barack Obama à La Havane. Le processus de normalisation est freiné depuis l’arrivée à la Maison blanche du républicain Donald Trump, défenseur d’une ligne plus dure envers Cuba.

La Havane a également consolidé la normalisation de ses relations avec l’Union européenne en signant un accord de dialogue politique en 2016 avec les 28.

Voyages et migration

En 2013, Raul Castro a mis fin aux restrictions draconiennes qui empêchaient les Cubains de voyager à l’étranger. Ils sont désormais autorisés à sortir du territoire pour une période allant jusqu’à deux ans. Ils ne perdent plus leurs biens ni leurs logements tant qu’ils sont partis en toute légalité.

Cette réforme a facilité les visites et le rapatriement des Cubains émigrés. De janvier 2013 à décembre 2016, plus de 670.000 Cubains ont réalisé plus d’un million de voyages vers d’autres pays, et pour la seule année 2016, 14.000 Cubains vivant à l’étranger se sont réinstallés dans le pays.

Secteur privé

Avec Raul Castro, l’économie cubaine a opéré une ouverture à l’initiative privée. Aujourd’hui, Cuba compte environ un demi-million de travailleurs privés, ou « cuentapropistas », soit 10% de la population active.

Limitation des mandats

Après plus de six décennies de pouvoir des frères Castro, le président cubain parie sur le renouvellement générationnel. Il a fixé une limite de deux mandats de cinq ans pour tous les postes dirigeants du pays. Officiellement président depuis 2008, Raul Castro doit quitter son poste l’année prochaine.

Investissement étranger

A partir de 2014, Raul Castro a fait évoluer la loi pour encourager l’investissement étranger, et a inauguré le mégaport de Mariel, à 45 kilomètres à l’est de La Havane, une zone destinée à devenir le plus grand pôle industriel de Cuba.

Mais pour l’heure, du fait de l’embargo américain et des contraintes imposées par le gouvernement cubain, la moyenne des investissements étrangers dans l’ensemble du pays est limitée à 418 millions de dollars annuels, bien en deçà des objectifs du gouvernement.

Dette extérieure

Fin 2015, Cuba a réussi à renégocier sa dette – gelée depuis les années 1980 – auprès de 14 pays membres du Club de Paris, obtenant l’annulation de 8,5 milliards de dollars d’intérêts. Ses obligations envers la Russie, la Chine et le Mexique ont aussi été renégociées. Le rétablissement de sa crédibilité sur les marchés doit lui permettre de capter de nouveaux financements.

Achat-vente

Raul Castro a autorisé les particuliers à acheter et vendre leurs voitures et logements. Depuis 2014, 80.000 véhicules et 40.000 logements ont ainsi été échangés, selon les autorités.

Internet

Depuis 2013, le gouvernement a ouvert, sous restriction, l’accès à internet. Il existe aujourd’hui 370 zones de wifi public à travers le pays ainsi que 630 cybercafés. A titre expérimental, 38.000 lignes internet haut débit ont également été installées chez des particuliers, mais le pays fait toujours partie des mauvais élèves en la matière dans le monde.