La Havane se relève après le passage d’Irma

La Havane se relève après le passage d’IrmaLA HAVANE, 14 Sept.(Granma) BIEN QUE son centre soit passé à des centaines de kilomètres de La Havane, les eaux d’Irma ont pénétré sur le front de mer de la ville comme cela ne s’était pas vu depuis l’ouragan Wilma, en 2005.

L’eau a franchi le Malecon sur plusieurs zones du littoral avec des vagues de 9 mètres qui se brisaient tout près des édifices. Dans la ville, les arbres déracinés, les maisons endommagées et la coupure électriques ont été les principaux dommages matériels.

Le soleil brillait en cette journée de lundi et Les Havanais se sont réveillés en pleine étape de récupération pour tenter de redonner toute sa vitalité à la principale ville du pays.

Dans l’avenue 70 de la municipalité de Playa, ce journal a rencontré une brigade de l’Institut technique et militaire José Marti, occupée à retirer les arbres tombés sur les trottoirs et les chaussées.Le lieutenant-colonel Reinaldo Lopez del Toro, responsable de cette équipe, a expliqué qu’après avoir récupéré les aires de l’unité, tous les soldats, les cadets et les officiers ont été dépêchés au nettoyage et l’assainissement des principales rues de la municipalité de Playa. « Nous laissons les décombres dans de mini-décharges que le personnel communal se charge d’évacuer », a-t-il ajouté.

Des forces de la région militaire de la province de Mayabeque participaient également au ramassage des décombres sur plusieurs zones côtières de la municipalité.

Au cours de la visite des zones inondées de la municipalité Plaza de la Revolucion, notre journal a également rencontré Jaimer Gonzalez Torres, directeur de l’Unité d’entreprise de base (UEB) Equipos especializados, responsable de l’assainissement et du déblaiement des décombres et des gravats de toute la zone, depuis la rue Linea jusqu’au Malecon (front de mer).

« Nous disposons de 12 camions et trois camions-benne. Nous avons déjà dégagé certaines zones, mais nous ne sommes pas les seuls impliqués. D’autres entreprises participent à ces travaux car la récupération concerne tout le monde », a-t-il déclaré.

Environ 300 cadets de l’Académie des Forces armées révolutionnaires (FAR), ainsi que des dizaines d’officiers de cette institution, ont travaillé au nettoyage des rues 3e. et 1ère du quartier du Vedado, où l’incursion de la mer avait été importante.

À proximité des rues Calzada et 12, nous avons rencontré les travailleurs de l’Entreprise d’assainissement de base de La Havane. La responsable territoriale, Veronica Martiatu Aguila, a déclaré que son entreprise était chargée de l’extraction de l’eau des sous-sols et des demi sous-sols, des citernes, de déboucher les canalisations, ainsi que de la vidange des fosses et du ramassage mécanisé des gravats dans les bâtiments et les entreprises de l’État.«

Les gens sont désespérés, car il y a beaucoup de dégâts. Les travaux avancent progressivement, dans la mesure où la mer le permettra. La direction de l’entreprise s’est attelée à résoudre chaque problème et nous disposons de tous les moyens nécessaires », a-t-elle affirmé. Dans la zone de San Lazaro, près du Parc Maceo, très touchée par les inondations, le contingent Raul Roa travaille sans relâche pour enlever les décombres qui se sont accumulés lorsque la mer s’est retirée.

« Nous travaillons sans relâche au nettoyage et à l’assainissement de la rue San Lazaro, et nous y resterons jusqu’à ce que tout soit propre », a déclaré Carlos Nodal Airosa, spécialiste de la brigade de Travaux spécialisés de ce contingent.

SERVICES DE BASE

Les actions de reconstruction concernent tous les secteurs des services de base de la population.

Le directeur général de Aguas de La Habana (Eaux de La Havane), Leonel Diaz Hernandez, a expliqué à Granma que tout le réseau de distribution d’eau potable de la ville a été fortement perturbé au niveau du système électrique pour le pompage, même si les équipements n’ont pas subi de dommages. La situation sera bientôt résolue en vue d’une reprise graduelle de la distribution.

Selon Diaz, le système de Cuenca Sur (18 pompes), un élément essentiel du réseau de distribution de la ville – il assure la desserte des municipalités de Centro Habana, La Havane, Cerro, Plaza de la Revolucion et Diez de Octubre – a été mis hors service par l’ouragan.

« Le système ouest de la capitale présente une situation similaire. Ce circuit est chargé d’alimenter les municipalités de Playa, Marianao et La Lisa. Le premier d’entre eux est déjà opérationnel, tandis que le deuxième a été couplé à un groupe électrogène diesel dans l’attente de pouvoir être raccordé au Système électro-énergétique national » a-t-il dit.

« De même, le système de Coscuyuela a commencé à desservir le quartier de Playa », a ajouté le responsable de Aguas de La Habana, qui a précisé que le système d’approvisionnement en eau potable Paso Seco, qui connaît encore des problèmes électriques, demeure stable et continue d’assurer son service au réseau d’hôpitaux et à la population associée à ces centres à Boyeros et Arroyo Naranjo.

Le Système-Est de la ville a été le moins endommagé, a signalé le fonctionnaire, même si les principaux problèmes sont localisés au niveau du système El Gato, le deuxième le plus important de la ville, chargé d’alimenter La Havane de l’Est, San Miguel, Regla et Guanabacoa, ainsi que celui d’El Benigno, qui dessert la plupart du quartier de San Miguel del Padron.

Pour sa part, l’Union électrique a démarré la phase de rétablissement de la distribution d’eau potable à La Havane, où le service est assuré dans nombre important de quartiers.

« Dans la mesure où la disponibilité du réseau le permettra, les quartiers qui avaient été privés de ce service seront graduellement raccordés au système », a assuré le directeur technique de l’Union électrique, Lazaro Guerra.

« Ce processus de rétablissement doit être bien pensé, chaque action à mener prend un temps précis. Une analyse en profondeur et une constante évaluation s’imposent pour garantir la stabilité et ne pas revenir en arrière, une erreur pouvant impliquer un recul de 36 heures de travail », a-t-il indiqué.

La membre du Bureau politique du Parti et vice-présidente du Conseil d’État et présidente du Conseil de défense provincial de La Havane, Mercedes Lopez Acea, a souligné que des efforts sont actuellement déployés pour rétablir le service dans les zones encore privées d’électricité

Yanet Hernandez, directrice provinciale d’Éducation de La Havane, a affirmé quant à elle que même si 40% des installations éducatives ont subi des dommages, les cours reprendront mardi dans la capitale, à l’exception de l’Institut Vladimir Ilitch Lénine, qui avait été transformé en un centre d’évacuation.

« Je n’assure pas que toutes les écoles auront l’électricité, ni qu’à leur retour les élèves retrouveront leur école dans le même état que le 4 septembre, mais ils pourront au moins compter sur un groupe de personnes compétentes qui organiseront des activités à leur intention », a indiqué à Granma la directrice provinciale d’éducation.

Et la responsable d’ajouter : « Si un instituteur manque pour un problème ponctuel, le reste du corps enseignant assurera la prise en charge de ses élèves ».

Quant au membre du Bureau politique du Parti et ministre de la Santé publique, Roberto Morales Ojeda, il a assuré à Granma que dans la capitale tous les services de santé avaient été garantis avant, durant et après le passage de l’ouragan Irma.

« Jusqu’à présent, aucune manifestation de maladie transmissible n’a été relevée », a-t-il souligné.

BESOINS URGENTS

Les zones les plus durement frappées, notamment celles touchées par les inondations côtières, sont depuis plus de 72 heures sans électricité et les sources d’eau potable sont contaminées.

« Normalement, les gens font leur stock d’eau potable en prévision de ce genre de situation, mais les citernes ont été contaminées par l’eau de mer », a expliqué Ana Baro Aguilera, domiciliée à la rue San Lazaro, entre Gervasio et Belascoain, dans le quartier de Centro Habana.

Le président du Conseil de défense de Centro Habana, Ernesto Luis Corvo Vizcaino, a annoncé que des actions sont menées pour couvrir pour l’instant les besoins à l’aide de camions-citernes. Lors d’une visite sur les lieux peu avant la mise sous presse de cette édition, Granma a pu constater la présence de plusieurs camions-citernes à Centro Habana.

Ces mêmes véhicules ont commencé à couvrir les besoins de la population des zones les plus critiques du Vedado, à proximité du Malecon, mais ils sont en nombre encore insuffisant pour répondre à la demande.

Quant aux entreprises liées au commerce et à la gastronomie à La Havane, elles s’efforcent de garantir une série de produits dans les endroits proches des zones affectées.

Andrés Diaz, président du Conseil de défense de la municipalité Plaza, a précisé quant à lui que « pour l’instant des postes de vente de nourriture ont été installés tout le long de la rue Calzada ».

Idalmis Martinez Pérez, directrice générale de l’Union des entreprises du commerce et de la gastronomie de la capitale, a annoncé la réouverture de toutes les épiceries et les magasins qui n’ont pas subi de dommages.

Selon Martinez Pérez « sur les grandes places, des points de vente de produits laitiers et frais, des boissons et autres ont été installés et le réseau de vente d’articles industriels et artisanaux est resté ouvert ». (Équipe de reporters de Granma)