Le gouvernement cubain admet « des erreurs » dans les réformes économiques

Le gouvernement cubain admet "des erreurs" dans les réformes économiquesLA HAVANE, 27 mars (AFP)  Le gouvernement cubain a reconnu avoir commis des « erreurs » dans la mise en place des réformes d’actualisation » économique ces dernières années, lors d’une réunion du Parti communiste cubain (PCC) présidée par Raul Castro.

Devant le comité central du PCC, réuni pendant deux jours pour évaluer l’avancée de « l’actualisation » économique, le coordinateur des réformes Marino Murillo a indiqué qu’après 2011, le rythme de celles-ci avait été réduit « du fait de leur complexité », mais aussi « d’erreurs dans la planification et les processus de contrôle », a rapporté mardi matin le quotidien d’Etat Granma.

De surcroît, la situation financière du pays « a rendu impossible le soutien adéquat à un ensemble de mesures qui nécessitait de l’investissement », ajoute le journal du PCC.

Raul Castro, qui doit quitter le pouvoir le mois prochain, a mené depuis sept ans une série de réformes visant à moderniser un modèle économique obsolète calqué sur le système soviétique, notamment en autorisant le petit entrepreneuriat privé et en ouvrant davantage le pays à l’investissement étranger.

Mais ces réformes tardent à porter leurs fruits et les autorités voient parfois d’un mauvais oeil l’accumulation de richesse par certains, dénonçant également des « actes illégaux » constatés dans le secteur non-étatique.

L’instance suprême du PCC a aussi déploré « le manque de culture de l’impôt dans le pays » et un problème de communication ayant généré des malentendus au sein de la population.

Ainsi, de nouvelles « normes juridiques d’un degré supérieur » régissant les activités des quelque 580.000 travailleurs privés ont été validées par le Comité central.

Celui-ci prône « la continuité de l’actualisation du modèle économique et social », mais désormais avec « une participation et une responsabilité accrues de la part » des organismes d’Etat, a rapporté Granma sans fournir plus de détails.

Toutes les réformes « sont en train d’être révisées, et parmi les priorités figurent (…) l’unification monétaire et cambiaire et l’élaboration du Plan national de développement économique et social d’ici 2030 », a ajouté le quotidien officiel.

« En dépit des erreurs et des insuffisances relevées par (le PCC), la situation est plus favorable qu’il y a quelques années », a toutefois souligné Raul Castro. Après une croissance très faible en 2016 (0,5%), le pays a connu une reprise en 2017, à 1,6%, portée notamment par le tourisme.

Unique au monde, la dualité monétaire doit être supprimée incessamment sur l’île. Mais on ignore encore si cette complexe réforme sera menée avant le départ de Raul Castro. Agé de 86 ans, celui-ci doit céder la présidence à un dirigeant issu de la nouvelle génération le 19 avril prochain.