Les États-Unis veulent renforcer les médias indépendants a Cuba

 Les États-Unis veulent renforcer les médias indépendants a Cuba

Cuban journalist Abraham Jimenez (L), manager of the independent information website « EL Estornudo, » writes on his laptop in a WIFI-access area in Havana as a friend looks on, on October 17, 2016.
Jimenez and other young Cubans have created independent information sites that challenge the state monopoly over media. / AFP PHOTO / Yamil LAGE

LA HAVANE, 7 Feb. Avec la création d’un groupe de travail Internet, le Département d’État américain espère promouvoir la libre circulation des informations.

Dans ce qui semble être la dernière d’une longue série de tentatives infructueuses de manipulation unilatérale des technologies de l’information à Cuba, le Département d’État américain a annoncé qu’il avait créé un groupe de travail appelé Cuba Internet pour promouvoir « la libre circulation des informations » sur l’île, une action dénoncée par les médias d’État cubains comme subversive.

« Le groupe de travail examinera les défis technologiques et les opportunités pour élargir l’accès à Internet et les médias indépendants à Cuba » , a souligné l’agence. Le groupe de travail du gouvernement américain et des représentants non gouvernementaux devraient se réunir pour la première fois ce mercredi. Cependant, le journal du Parti communiste cubain Granma précisé que cela était « destiné à subvertir l’ordre interne de Cuba » .

Certains analystes ont convenu que la création du groupe de travail semblait contre-productive. « En plaçant la question de l’accès à Internet dans un cadre explicitement politique, cela ne fera que créer de plus grands obstacles pour les entreprises de télécommunications américaines qui ont fait des progrès vers des partenariats avec la partie cubaine » , a noté Michael Bustamante, maître de Conférences d’histoire latino américaine à l’Université internationale de Floride.

Or, l’ancien président américain Barack Obama avait fait de l’amélioration de l’accès à Internet un élément central de ses efforts pour normaliser les relations avec Cuba. L’équipement et les services de télécommunication ont ainsi été parmi les premières exemptions à l’embargo après que Washington et La Havane ont déclaré en 2014 qu’ils rétablissent leurs relations diplomatiques. Cependant, Cuba, et cela n’est pas une surprise, a rechigné à permettre aux entreprises américaines de participer au câblage du pays.

UN TWITTER CLANDESTIN
Selon une vidéo cubaine secrète divulguée en 2011, Washington avait lancé un effort tout aussi secret en 2008 pour créer dix « points chauds » Wi-Fi autour de La Havane, en utilisant des téléphones satellitaires illégaux pour connecter jusqu’à 250 ordinateurs à Internet indépendamment des contrôles du gouvernement cubain.

L’administration du président George W. Bush a effectivement envisagé de mettre en place les spots Wi-Fi, mais elle ne l’a jamais fait. En 2014, l’Associated Press a révélé l’existence d’un programme clandestin visant à créer un réseau social de type Twitter pour Cuba, en 2010, appelé Zunzuneo, financé par l’Agence américaine pour le développement international (USAID) et conçu pour échapper aux lois cubaines sur l’accès à Internet.

Pour rappel, l’altération clandestine de la technologie numérique à Cuba par les services de renseignement remonte à de nombreuses années. Il y a une trentaine d’années, les États-Unis ont fermé les yeux sur une cargaison illégale d’ordinateurs IBM à Cuba parce que le matériel informatique avait été « piégé » par les services de renseignement américains pour espionner l’activité cubaine, un fait qui jusqu’à ce jour est encore peu connu ou discuté. (www.guadeloupe.franceantilles.fr)