Cuba reconnaît la propriété privée dans une nouvelle constitution

Cuba reconnaît la propriété privée dans une nouvelle constitutionLA HAVANE, 14 juillet (Reuters) Cuba reconnaîtra officiellement la propriété privée, ce qu’elle a longtemps rejeté comme un vestige du capitalisme, en vertu d’une nouvelle constitution qui crée également le poste de Premier ministre aux côtés du président, ont rapporté samedi les médias.

La constitution actuelle de Cuba, datant de l’ère soviétique, ne reconnaît que les biens appartenant à l’État, aux coopératives, aux agriculteurs, aux particuliers et aux coentreprises.

Mais les réformes du marché de l’ancien président Raul Castro, visant à stimuler l’économie et rendre le socialisme cubain plus durable, ont incité des centaines de milliers de Cubains à rejoindre les rangs des indépendants de l’île depuis 2010, dans de nouvelles entreprises privées allant de restaurants aux salons de beauté.

Le journal du Parti Granma a publié samedi un résumé de la nouvelle constitution, indiquant qu’un projet qu’il avait vu comprenait 224 articles, contre 137 auparavant.

Les détails n’étaient pas immédiatement disponibles, et Reuters n’a pas vu le projet. Mais Granma a déclaré qu’il consacrait la reconnaissance du libre marché et de la propriété privée dans la nouvelle Magna Carta de Cuba.

Cela pourrait signifier une meilleure protection juridique pour les jeunes entrepreneurs cubains et les investisseurs étrangers, même si Granma a déclaré que la constitution a réaffirmé que la planification centrale et l’entreprise d’État sont les piliers de l’économie en général.

Il a également noté que le Parti communiste resterait la force politique dominante de Cuba.

L’expert cubain Luis Carlos Battista, du Centre pour la démocratie dans les Amériques basé à Washington, a mis en garde que la reconnaissance de la propriété privée ne signifiait pas que le gouvernement voulait donner un plus grand rôle à l’entreprise privée.

Plus tôt cette semaine, at-il noté, le gouvernement a publié un ensemble de règlements resserrant le contrôle sur les travailleurs indépendants et augmentant les amendes possibles pour inclure la confiscation des biens.

Selon Granma, la commission gouvernementale chargée de réorganiser la constitution présentera son projet à l’assemblée nationale lors de sa réunion la semaine prochaine. Il sera ensuite soumis à un référendum national, prévu plus tard cette année.

La commission est dirigée par Castro, 87 ans, qui reste à la tête du parti communiste.

Le nouveau président Miguel Diaz-Canel, qui siège à la commission, devrait également annoncer son conseil des ministres lors de la réunion de l’assemblée.

Outre l’instauration du poste de Premier ministre, divisant les rôles de chef d’Etat et de chef de gouvernement, la nouvelle constitution fait du président le chef de l’assemblée et impose une limitation de mandat à la présidence de deux périodes quinquennales consécutives.