Cuba expulse deux anciens présidents et ferme la porte à l’OEA

Cuba expulse deux anciens présidents et ferme la porte à l'OEA

Former Colombian President Andres Pastrana and former Bolivian President Jorge Quiroga give statements to the media after they said they were denied entry to Cuba, at the airport in Bogota, Colombia March 7, 2018. REUTERS/Jaime Saldarriaga

LA HAVANE, 8 mars (AFP) Cuba a expulsé deux anciens présidents colombien et bolivien et fermé les portes de l’île au Secrétaire général de l’OEA, à la veille d’une rencontre organisée par la dissidence cubaine à laquelle ils comptaient participer.

Le Colombien Andres Pastrana et le Bolivien Jorge Quiroga ont atterri à La Havane mercredi mais n’ont pas été autorisés à entrer sur le territoire et ont été forcés à quitter l’île.

« La dictature cubaine nous a expulsé de l’île aujourd’hui pour avoir défendu les principes démocratiques de la région. Notre lutte continue », a tweeté M. Pastrana.

Interrogé par la radio colombienne W, M. Pastrana a estimé que cette expulsion répondait à sa critique de la crise politique et économique qui touche le Venezuela du président Nicolas Maduro, un allié important de Cuba.

Les deux anciens présidents se rendaient à Cuba pour représenter les anciens gouvernants de l’Initiative démocratique d’Espagne et des Amériques (IDEA), distinguée cette année par le prix « Oswaldo Paya, liberté et vie », en mémoire du leader de l’opposition cubaine décédé dans un accident de voiture en 2012.

L’IDEA est composé d’anciens responsables politiques tels que les Espagnols Felipe González, Jose Maria Aznar ou le Colombien Alvaro Uribe.

Selon Rosa Maria Paya, fille d’Oswaldo Paya qui milite pour un changement de gouvernement à Cuba et voit dans ces décisions « un autre signe de la nature despotique de ce gouvernement », dix anciens présidents ont confirmé leur présence à cette remise de prix, ainsi que le secrétaire général de l’Organisation des Etats américains (OEA), Luis Almagro, lauréat en 2017 mais qui n’avait pas été autorisé à entrer à Cuba.

De nouveau invité cette année, le régime cubain a fait savoir mercredi par le biais du journal officiel Granma que M. Almagro, critique envers le gouvernement vénézuélien et le président cubain Raul Castro, n’était pas le bienvenu sur l’île.

M. Almagro « doit clairement savoir que ni l’OEA ni aucun de ses responsables, encore moins ceux qui trahissent des principes éthiques élémentaires, n’ont été et ne seront jamais accueillis dans le Cuba révolutionnaire de Fidel », est-il écrit.

Cuba a été exclue de l’OEA en janvier 1962 et malgré sa réadmission en 2009, elle refuse d’y faire son retour, la considérant comme un « ministère des colonies » des Etats-Unis.

L’organe du Parti communiste cubain (PCC, parti unique) a également qualifié les membres de l’IDEA d’anciens présidents de droite « corrompus », d' »escrocs » et de « responsables de la mort de dizaines de milliers de personnes ».

L’attribution du prix « Oswaldo Paya, liberté et vie » a été organisée pendant les élections législatives à Cuba le 11 mars, un processus qui aboutira le 19 avril à l’élection d’un nouveau président pour remplacer Raul Castro.