Cuba célèbre la naissance de sa révolution

Cuba célèbre la naissance de sa révolution LA HAVANE, 26 Juillet  Pinar del Río est en fête ce mercredi le 26 juillet : la ville cubaine à l’ouest de la Havane, accueille le « jour de la rébellion nationale » marquant la célébration du 64e anniversaire de l’assaut raté de la Moncada.

Le 26 juillet 1953, une centaine de guérilleros dirigés par Fidel Castro attaque la caserne de Moncada, à Santiago de Cuba. Le but de la manœuvre est alors de renverser le général Fulgencio Batista, arrivé au pouvoir par un coup d’État quelques mois auparavant. L’assaut est un échec militaire : Fidel Castro et son frère, Raul, sont arrêtés et emprisonnés.

Un assaut raté, une victoire politique pour les castristes

Condamné à quinze ans de prison, Fidel Castro est amnistié et libéré dès 1955. Le Lider Maximo se réfugie au Mexique où il rencontre Che Guevara et fonde le « Mouvement du 26 juillet », qui regroupe les survivants de l’attaque.

L’assaut raté devient une victoire politique et marque le début de la révolution cubaine. La commémoration ce mercredi 26 juillet est inédite, car elle se fait sans Fidel Castro, décédé le 25 novembre 2016, à l’âge de 90 ans. C’est aussi la dernière fois que Raul Castro la préside.

« C’est un jour important car Raul Castro, l’un des représentants de la génération historique, présidera la cérémonie pour la dernière fois. En février 2018, des élections législatives auront lieu et une nouvelle équipe gouvernementale, issue d’une nouvelle génération, sera aux manettes.

La page de l’épopée de Raul et de Fidel Castro se tourne », explique Stéphane Witkowski, président du Conseil de gestion de l’Institut des Hautes Études de l’Amérique Latine.

Le vieil ennemi américain de Cuba

Une épopée castriste traversée d’épisodes conflictuels avec le vieil ennemi américain, jusqu’au rapprochement avec Washington, amorcé en décembre 2014, par Raul Castro et la venue de Barack Obama sur l’île, en mars 2016.

Mais son successeur, Donald Trump, a porté un coup d’arrêt au dégel des relations entre Cuba et les États-Unis, en annonçant en juin 2017, « l’annulation immédiate » de l’accord conclu entre La Havane et Washington et en appelant à la libération de tous les prisonniers politiques détenus sur l’île.
En réaction : Raul Castro a condamné un « recul » dans les relations bilatérales. « La levée de l’embargo américain et le statut de Guantánamo sont deux problèmes majeurs qui empêchent une normalisation totale entre ces deux pays », poursuit Stéphane Witkowski.

Raul Castro prépare sa succession

Raul Castro est déjà tourné vers sa succession. « Le chef de l’État voudra, dans les derniers mois de son mandat, préparer la nouvelle équipe. Il essaiera de voir quel rôle il va pouvoir conserver car, il restera premier secrétaire du parti communiste cubain.

Dans cette nouvelle architecture entre le parti communiste, l’armée et le Conseil d’État, l’enjeu est de trouver un équilibre pour que la gouvernance puisse s’ancrer dans ce que l’on appelle l’institutionnalisation de la révolution cubaine », analyse Stéphane Witkowski.

Le premier vice-président du Conseil d’État, Miguel Diaz-Canel, 57 ans, est le nom le plus souvent avancé pour succéder à Raul Castro.
http://www.la-croix.com/Monde/Ameriques/Cuba-celebre-debut-revolution-castriste-2017-07-26-1200865562