Cuba à court d’argent fait le paiement de la dette aux principaux créanciers

Cuba à court d'argent fait le paiement de la dette aux principaux créanciersHAVANA, 18 oct (Reuters) Cuba a payé la deuxième tranche d’une dette renégociée de 2,6 milliards de dollars à 14 pays riches cette semaine, ont indiqué des diplomates d’un certain nombre de pays, certains créanciers se préparant à échanger leurs dettes contre une participation au développement local projets.

Les diplomates, qui ont parlé sous couvert d’anonymat, ont indiqué que le paiement montrait l’importance que Cuba attachait à un accord conclu en 2015 avec le groupe des grandes nations créancières du Club de Paris.

L’accord du Club de Paris a accordé 8,5 milliards de dollars sur 11,1 milliards de dollars de dette officielle à Cuba jusqu’en 1986, plus les frais. Le remboursement de la dette restante a été reconduit jusqu’en 2033, avec environ 40 millions de dollars payés l’an dernier et près de 60 millions de dollars à échéance le 31 octobre.

L’accord a été perçu comme une percée, Cuba acceptant pour la première fois de donner aux pays capitalistes riches des capitaux dans des projets de développement, dans des domaines comme l’industrie manufacturière et l’agriculture, en échange d’une partie de leur dette.

Il a également été considéré comme un pas vers le retour de Cuba à la communauté financière internationale, alors que l’administration Obama a décidé de rétablir les relations diplomatiques américaines et commerciales avec l’île.

L’accord du Club de Paris est également intervenu alors que l’Union européenne acceptait de laisser tomber les sanctions sur l’aide au développement à Cuba.

Les diplomates européens ont déclaré qu’ils continueraient à essayer d’accroître la présence de leurs pays sur l’île, malgré les tensions croissantes avec les Etats-Unis sous le président Donald Trump.

« Si Trump veut empêcher les entreprises américaines de Cuba, cela nous donne simplement plus de temps pour nous établir ici », a déclaré un ambassadeur européen dans une récente interview.

Ranage des bovins, laiterie

L’Australie, l’Autriche, la Belgique, le Canada, le Danemark, la Finlande, la France, la Grande-Bretagne, l’Italie, le Japon, les Pays-Bas, l’Espagne, la Suède et la Suisse ont renégocié bilatéralement leur ancienne dette bilatérale depuis 2015 et, dans certains cas, la dette actuelle.

Un grand nombre des accords de restructuration comprennent la création de fonds dits à contre-valeur, en vertu desquels un pourcentage de la dette est actualisé en échange des bénéfices potentiels provenant de la participation des entreprises d’un pays créancier à des projets de développement conjoints locaux.

Les fonds de contre-valeur ont une valeur combinée estimée d’environ 750 millions de dollars sur les 2,6 milliards de dollars dus. Le Japon, l’Espagne, la France et l’Italie – les plus grands créanciers du Club de Paris – sont les plus nombreux à négocier des swaps.

Par exemple, un projet français de 46 millions de dollars pour développer l’élevage de bétail et les produits laitiers dans la province de Camaguey est prêt à signer, selon l’ambassadeur de France à Cuba, Jean-Marie Bruno.

« Le projet bénéficiera à 105 coopératives de bovins avec 11 000 membres et leurs familles, deux industries et diverses sociétés de services », a-t-il dit.

L’accord concerne la Banque française de développement et d’autres organismes publics et comprendra un certain nombre d’entreprises françaises. Cuba investira 6 millions de dollars, actualisant la somme due sur la dette due à la France.

L’Espagne, quant à elle, a un projet prêt à fabriquer du carton et d’autres structures en aluminium pour la construction capables de résister aux tremblements de terre et aux ouragans, impliquant des entreprises espagnoles, selon une source ayant connaissance des négociations.

Cuba ne publie pas d’informations à jour sur sa dette extérieure, arguant de la nécessité de garder des informations économiques sensibles de Washington, qu’il accuse depuis longtemps d’avoir tenté de perturber ses relations financières et commerciales dans le cadre d’un régime global de sanctions américaines.

Mais il a été tardif avec certains paiements récents à des fournisseurs étrangers et des partenaires de coentreprise, selon les diplomates, même si elle accumule de nouvelles dettes.