Une rue aux pavés de bois en plein coeur de la ville

 Une rue aux pavés de bois en plein coeur de la villeLA HAVANE, 10 Juillet (Cubania) Il existe au coeur du quartier colonial de la vieille Havane une petite rue dont les pavés se distinguent par rapport aux autres rues : ils sont en bois.

La rue Tacón, de son nom officiel, est plus connue sous celui de « la rue en bois ». L’histoire rapporte que ce fut Don Miguel Tacón y Rosique, Capitaine général de l’île de 1834 à 1838, qui ordonna l’emploi de ce matériau pour que le bruit des voitures à cheval ne vienne déranger son sommeil.

Située devant l’ancien palais des Capitaines généraux, qui abrite aujourd’hui le siège du musée de la Ville, sur la place d’Armes, cette rue est la seule à Cuba, et même en Amérique latine, faite de pavés en bois.

Les mille et une…

…histoires se tissent autour de cette artère. D’aucuns pensent que le matériau utilisé mettait une touche de distinction et apportait une certaine respectabilité à la rue qui contournait la demeure du gouverneur.

Selon la version la plus répandue, l’objectif était d’atténuer le bruit des voitures à cheval durant le sommeil du gouverneur et de son épouse.

Les experts, quant à eux, estiment que l’utilisation du bois répondait à l’intention de rendre les rues de la ville plus praticables

A l’époque, le pavage était de très mauvaise qualité. Dans plusieurs chaussées, les chinas pelonas (galets) furent remplacées par des dalles de pierre avec un bourrage de terre. Mais la qualité laissait beaucoup à désirer et lorsqu’il pleuvait, la pluie emportait la terre, laissant des creux ou des tas de pierres.

Afin d’éviter ces obstacles, les voitures devaient rouler avec une roue sur le trottoir, ce qui augmentait encore le bruit et endommageant au passage les façades des bâtiments.

L’utilisation du bois était un procédé coûteux et éphémère. Il ne fut donc utilisé que dans les quatre rues qui entouraient le Palais : Mercaderes, Tacón, O’Reilly et Obispo.

Une rue débordante de culture

Dans les années 80, lorsque le bureau du conservateur de la ville de La Havane entreprit les travaux de restauration, la rue aux pavés de bois, ensevelie sous plusieurs couches de revêtement, fut redécouverte.

Depuis, étant donné son caractère particulier, elle est régulièrement entretenue et elle constitue aujourd’hui un espace culturel important.

C’est là que se tient chaque mois la rencontre littéraire le « Samedi du livre », qui fait connaître les nouveautés publiées par les maisons d’édition cubaines. Elle sert également de scène à des troupes de théâtre de rues et à des projets culturels itinérants. C’est aussi le point de rencontre des vendeurs de livres rares et autres reliques qui attirent la curiosité des visiteurs.

De nos jours, les véhicules ne peuvent plus emprunter la rue en bois, une voie ombragée et silencieuse qui séduit les passants en quête de nouvelles découvertes.