Cuba se tourne vers l’Algérie pour l’importation de pétrole

Cuba se tourne vers l'Algérie pour l'importation de pétroleLA HAVANE, 13 Jan. Les importations de brut de l’année dernière — principalement du Venezuela — ont obligé le groupe pétrolier public cubain Cupet à réduire ses activités dans sa raffinerie de Cienfuegos, d’une capacité de 65 000 barils par jour, où PDVSA détenait une participation de 49% jusqu’en ao

L’Algérie a expédié 2,1 millions de barils de pétrole brut à Cuba l’année dernière et en expédiera la même quantité en 2018 pour compenser le déficit engendré par la baisse du volume de l’approvisionnement en provenance du Venezuela, a annoncé, mercredi, un responsable de la compagnie nationale Sonatrach. «

Nous avons livré en 2017 trois fois 700 000 barils, soit un total de 2,1 millions de barils à Cuba», a déclaré Omar Maaliou, vice-président de Sonatrach en charge du commerce et du marketing, cité par l’agence de presse britannique Reuters.

«Nous ferons de même cette année, les premiers 700 000 barils sont sur le point d’être livrés», a-t-il ajouté. Cuba et l’Algérie entretiennent des relations étroites ces dernières années. L’île importe chaque année entre 200 à 300 millions de dollars de produits pétroliers en provenance de l’Algérie, y compris des achats de naphte, selon Reuters.

Cuba compte presque exclusivement sur le Venezuela, également membre de l’Opep, pour ses approvisionnements en pétrole brut grâce à un programme d’assistance vieux de 15 ans, que Caracas peine à maintenir.

Les importations de brut de l’année dernière – principalement du Venezuela – ont obligé le groupe pétrolier public cubain Cupet à réduire ses activités dans sa raffinerie de Cienfuegos, d’une capacité de 65 000 barils par jour, où PDVSA détenait une participation de 49% jusqu’en août. Il n’a raffiné que 24 000 bpj de brut l’année dernière, selon les chiffres officiels.

Les exportations de cette raffinerie –gérée conjointement par Cupet et le vénézuélien PDVSA – ont fondu de 500 millions de dollars en 2013 à seulement 15,4 millions en 2016, d’après des statistiques officielles. La chute vertigineuse des livraisons en provenance du Venezuela (elles ont fondu de 40% depuis 2014) a contraint l’île de trouver les moyens d’augmenter sensiblement ses approvisionnements.

Mi-mai, le pétrolier russe Rosneft a néanmoins envoyé 249 000 barils de brut à Cuba, dans le cadre d’un contrat portant sur 1,8 million de barils dont les termes n’ont pas été rendus publics. Mais cela reste insuffisant, l’île consomme 130 000 barils par jour et n’en produit approximativement que 50 000 par jour, un brut lourd qui sert essentiellement à produire de l’électricité et des produits dérivés.

Avant cette baisse, Caracas livrait à des conditions favorables quelque 85 000 barils de pétrole à Cuba, soit plus de 50% de sa consommation totale.

Les exportations vénézuéliennes de pétrole, longtemps supérieures à 100 000 b/j, ont permis à Cuba de ré exporter des produits pétroliers raffinés de Cienfuegos (centre du pays). En échange, La Havane a dépêché au Venezuela plus de 30 000 fonctionnaires, dont une bonne partie de médecins et infirmiers.

Depuis la baisse des prix sur les marchés internationaux, la prospection offshore a sérieusement ralenti dans le golfe du Mexique.

(elwatan)